Vous pourrez revoir cette finale sur Eurosport, lundi prochain 31 août, à 13h45...
Aritz Erkiaga et Imanol Lopez ont remporté lundi soir à l'Euskal Jai la finale face à Goicoetchea et Alliez par 35 à 32
Et les amateurs de sauts de cabris, de plongeons ultimes, bref d'épisodes spectaculaires de rester sur leur faim. Mais les autres, les pelotazale avertis, de louer le sérieux, la rigueur, bref l'intensité presqu'intime d'un bras de fer aux instants parfois précieux... Ainsi fut l'épilogue de la mouture 2009, un rendez-vous de pros, sans chichis ni tralala, on ne galvaude pas le sésame de la plus prestigieuse compétition du circuit estival.
Pourtant, d'entrée, on ne lambine pas avec le protocole. Le champion du monde en titre pose les jalons, fixe son juvénile vis à vis au deux murs, c'est qui le patron ? 2 à 0, 7 à 3, 9 à 5, la « derecha » piquée de Lopez est en action, tendue comme une arbalète, son compère biskaien s'applique, pose du costado. 13 à 10 pour les gars de l'empresa Jai Alive et voilà que la magie sort du chapeau d'osier, celui d'un Goicoetchea royal, lorsqu'il transforme un errebot en lâcher mais surtout crucifie autrui avec trois gauche à droite piqués, direction les passerelles, sous le toit. Retour de l'équilibre instable (15, 18 partout), même si le géant de Zumaia (ultra violent d'une droite rectiligne par côté) et le Palois (toujours aussi propre du revers) prennent quelques aises.
La droite de Lopez
L'Euskal Jai « à tope », docile, attentif à cette joute très appliquée, se surprend à attendre le morceau de bravoure, celui qui déclenche les « ha » les « ho »...Patience. La droite de Lopez est aussi limpide qu'une leçon d'instituteur, insolente impression de facilité violente... Des bêtises par ci, ça éprouve par là, Erkiaga se fend d'un lumineux lâcher, pose au refil, finies les inhibitions. 26 à 23 pour l'avant numéro un Miami et le Bizanosien mais flottements coupables avec 7 points de rang pour le potache et l'affable double mètre, toujours aussi probant du côté droit. Touchée, pas touchée ? Le garde champêtre du « pasa » sanctionne une caresse du parchemin, bronca, unanimité contre le vilain censeur et un point supplémentaire pour les devanciers (31 à 27).
Perte de lucidité
Goicoetchea, au préalable victime du sifflet, bute juste, refile comme un horloger règle sa pendule, le Béarnais s'adapte comme il peut dans ce contexte perturbant... 32 partout et le voilà ce fameux point qui fait soulever le fessier du siège avec Erkiaga dans le rôle de l'extraterrestre, à la fois courageux sous l'ouragan et visionnaire par le costado, à la barbe d'un cador médusé. Inaki « The Goico » perd de sa lucidité, à deux reprises et c'est son discret voisin, qui parachève au raz de raie (35 à 32)...

Premier titre à 22 ans, chapeau à celui qui rejoindra le fronton de Miami à la fin du mois, avec la tête dans les étoiles, quelques certitudes en bandoulière et une carrière prometteuse à construire. Deuxième distinction successive pour Imanol Lopez, définitivement classé au registre des monstres sacrés de la spécialité. Les émissaires de l'empresa Jai Alive, eux, de sourire à cette fugace mais savoureuse parenthèse de gloire.
[Article paru dans Sud Ouest du 26/08/2009 - Auteur : Bizia]







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